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"Bien entendu, c’est off" : Ce que les journalistes politiques ne vous racontent jamais

de Daniel Carton


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Présentation de l’éditeur

Dans un avion qui le ramène de La Réunion, Jospin confie ce qu’il pense réellement de Chirac. Rapporté, le propos suscite la stupeur de celui qui vient de le proférer : " C’était off. " Les qualificatifs désobligeants appartenaient à cette litanie de confidences que les journalistes écoutent mais ne doivent pas répéter. " Off " les guérillas entre ministres, Ferry contre Darcos, Mer contre Lambert. " Off " Michel Rocard, l’homme du " parler vrai " caché dans le jardin de l’Élysée. " Off " aussi les journalistes qui prêtent leur plume à l’un ou à l’autre et qui cornaquaient Noir ou Tapie. Au fil de sa carrière de journaliste politique à La Voix du Nord, La Croix, Le Monde et Le Nouvel Observateur, Daniel Carton a relevé nombre d’exemples de cette connivence intéressée qui voit le silence des uns payé par les services des autres : un logement, des voyages, des places à l’Opéra ou à la Comédie-Française... Cette complicité faite de bronzage en commun sous le commode prétexte d’"universités d’été ", voire plus si affinités, et d’une subtile pratique du tutoiement scelle le pacte qui unit " la France d’en haut ". Daniel Carton, pour sa part, a choisi de se situer délibérément du côté de cette " France d’en bas " sans cesse manipulée et qui n’a pas le droit de savoir ce qui se chuchote " off ". La politique comme on ne la raconte pas.

Présentation de l’éditeur

Pendant plus de quinze ans, Daniel Carton était là où on ne l’attendait pas. A table avec un proche collaborateur de Rocard qui lui racontait comment celui-ci avait négocié directement avec Chirac une place de ministre des Affaires étrangères. En vain : Jospin avait peu apprécié. Dans les congrès du RPR ou de l’UDF où il apprenait comment Léotard se préparait à torpiller la candidature présidentielle de Barre qu’il soutenait pourtant en public. A bord de l’avion de Claude Allègre, alors ministre de l’Education, qui lui expliquait pourquoi Jack Lang ne pourrait jamais être nommé ministre. Dans le bureau d’un conseiller de Michel Noir qui lui dévoilait le système de corruption mis en place par l’ancien maire de Lyon.

A chaque fois le journaliste essayait de faire son métier. Il écrivait un article. A partir de cet instant, un déluge de conseils provenant d’amis, de confrères ou de chefs s’abattait sur lui. « Ça ne se dit pas ». « Tu es vraiment sûr ? ». « C’était pas « off » votre conversation ? ». Car tout est là : tout - ou presque - ce qui mériterait d’être dévoilé aux lecteurs est « off the record », expression américaine désignant à l’origine des confidences qui n’étaient pas destinées à être publiées, du moins pas tout de suite. Mais en France les médias ont fini par faire du « off » un usage de plus en plus large jusqu’à en pervertir l’idée même.

C’est tout cela que nous raconte l’auteur, cette cohabitation quotidienne amicale, quasi-incestueuse, qui a peu à peu transformé beaucoup de journalistes en relais complaisants, voire serviles du pouvoir.

L’auteur vu par l’éditeur

Journaliste politique au Monde puis au Nouvel Observateur, il a publié en juin 2000 « Cohabitation, intrigues et confidences » aux Editions Albin Michel.


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