Nouvelle Donne se réjouit de la désignation de Benoît HAMON

La campagne de Benoit Hamon a fait naître au sein de Nouvelle Donne des réactions très diverses, allant du « C’est scandaleux, il nous pique toutes nos idées ! » à « C’est génial, il a repris tout ce qu’on dit !»
A nos yeux (le nouveau Bureau national), on ne peut que se réjouir que les électeurs de la primaire aient désigné le candidat dont le programme est le plus proche de nos idées. On comprend pourquoi Cambadélis et tous les candidats ont voulu verrouiller la primaire et nous interdire d’y participer : nous aurions pu faire un très bon score…
Il n’y a aucun doute que Benoit Hamon a largement pioché dans notre projet, reprenant parfois mot à mot ce que nous avons écrit sur les limites de la croissance et sur le besoin de revoir notre rapport au travail. Aucun doute non plus sur la provenance des « 1.000 milliards pour le Climat »…
Non seulement Nouvelle Donne n’est pas propriétaire de ses idées mais notre objectif est qu’elles soient partagées par le plus grand nombre : on ne peut donc que se réjouir quand quiconque tient un discours qui va dans le même sens que le nôtre.

Et Maintenant ?
Aussitôt élu, B.Hamon a lancé un Appel au rassemblement. Beaucoup ont des doutes sur la possibilité que ce rassemblement se réalise : autant les écologistes sont tentés d’aller vers un accord car ils ont du mal à recueillir les signatures et veulent un accord pour tenter de sauver les députés sortants, autant JL Mélenchon est bien décidé à maintenir sa candidature. Il est donc très peu probable, hélas, que le rassemblement puisse se réaliser. Mais si tel était le cas, nous ne ferions pas cavalier seul.

Oui au rassemblement, s’il est possible !
Nous ne jouerions pas les diviseurs et nous ferions tout pour que le projet et les valeurs de Nouvelle Donne inspirent au maximum ce rassemblement.
Car, pour le moment, même si la tonalité de la campagne de B.Hamon est évidemment plus proche de nos idées que celle de M .Valls ou A.Montebourg, il est faux de dire qu’il a « tout repris de nos idées » et que nous pouvons nous mettre en repos.
Qui plus est, même si effectivement, le candidat socialiste avait repris toutes nos idées, se poserait la question de sa capacité à les mettre en œuvre :

  1. les présente-t-il de façon assez crédible pour gagner ?
  2. s’il gagnait, aurait-il une majorité pour mettre en œuvre ses idées ? La plupart des candidats investis aux législatives par le PS sont proches de Valls et ont soutenu la politique de François Hollande depuis cinq ans…

Sur la question fondamentale du renouveau démocratique, certains se demandent aussi si l’on peut compter sur une bande de joyeux cumulards pour mettre fin au cumul des mandats : Benoit Hamon est en même temps député et conseiller régional. Son directeur de campagne est en même temps député et président du groupe PS au Conseil général 93… La volonté affichée sur le site de BH de mettre fin à la professionnalisation de la vie politique est-elle une conviction profonde ou seulement un argument de campagne ?

Nouvelle Donne, depuis un an, prône le dialogue et le rassemblement. Si le rassemblement est possible sur un vrai projet, nous ne bouderons pas notre plaisir et nous agirons avec force pour faire gagner ce rassemblement.
Mais, en attendant, vu toutes les incertitudes qui pèsent sur ce scénario, nous devons tout faire pour imposer nos idées dans le débat public jusqu’aux législatives.

Des projets encore différents 
D’autant qu’il y a aujourd’hui de vraies différences entre le projet de Nouvelle Donne et celui du candidat socialiste.
Avez-vous entendu un mot sur la crise financière durant le débat d’entre deux tours ? Rien ! La semaine dernière, pourtant, à New York, le Dow-Jones a explosé un nouveau plafond : 20.000 points ! Contre 14.000 en 2007, juste avant de s’effondrer… C’est du délire.
Le FMI ne cesse de tirer la sonnette d’alarme : Chine et USA, les 2 moteurs de l’économie mondiale, sont 2 bombes qui peuvent exploser n’importe quand (Cliquer ici pour consulter le PROLOGUE DU PROJET), mais personne ne parle plus de la séparation des banques ni de régulation des marchés financiers…

Pour Nouvelle Donne, la séparation des banques et des mesures fortes et concrètes de lutte contre les paradis fiscaux sont dans le Plan d’urgence à mettre en œuvre dès les premières semaines du mandat, alors que le mot « banque » n’apparaît même pas dans le projet de Benoit Hamon.
Sur la question de la régulation des marchés financiers, le programme du candidat PS est très très flou. Il n’avait rien dit en 2012 et 2013 quand le gouvernement avait renoncé à la séparation des banques. Et cette question est totalement absente de son projet en 2017.
Quant à la question du chômage, problème n°1 de notre pays, elle a été quasiment absente aussi bien de la primaire de droite (F.Fillon veut supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires mais n’a jamais annoncé le moindre chiffre de créations d’emplois) que de la primaire de gauche : A.Montebourg qui voulait nous vendre « le plein-emploi comme en Allemagne » a été éliminé dès le premier tour, mais le gagnant est très flou sur sa politique contre le chômage.
Benoît Hamon a fortement souligné tous les problèmes liés au stress au travail et au développement des burnout. Mais comment faire reculer vraiment la souffrance au travail si l’épée de Damoclès des 6 millions de chômeurs plane toujours au-dessus des salariés ?
Porter le RSA à 600 euros et le verser automatiquement à tous les ayant-droits, c’est une très bonne idée, qui figure aussi dans le projet de Nouvelle Donne. Mais la plupart des citoyens qui survivent avec le RSA seraient heureux d’avoir un emploi… La question du chômage reste à nos yeux une question cruciale et le candidat socialiste ne dit pas grand-chose à ce sujet.
« Il parle du temps de travail» diront certains. Oui, c’est vrai : il a repris quelques unes des questions que pose Nouvelle Donne depuis 3 ans. Les questions sont les bonnes. Mais les réponses ?
« Depuis que je suis entré en campagne, on me prête de vouloir faire les 32 heures » déclare Benoit Hamon (Le Monde du 9 décembre), expliquant qu’il n’entendait pas revenir sur les 35 heures mais « encourager le temps partiel ». Dans Libération, il affirmait que le revenu universel doit « permettre à des femmes qui élèvent seules leurs enfants, de passer à temps partiel ».
Le temps partiel pour les femmes ?? N’est-ce pas déjà l’une des raisons qui explique leurs moindres progressions dans l’entreprise et leurs plus faibles salaires ? Et si le revenu universel n’est prévu que « dans 10 ans » (comme B.Hamon le disait dans le dernier débat face à M.Valls), comment éviter d’ici 2027 la perte de salaire due au temps partiel ?

Sur son site, le candidat socialiste indique aussi qu’il veut remettre en œuvre une loi permettant l’expérimentation d’une RTT collective, comme la loi de Robien.
La Loi de Robien était une vraie avancée en 1996 : un outil excellent pour expérimenter dans quelques centaines d’entreprises volontaires, voir les difficultés d’organisation, et les solutions à inventer,… Pierre Larrouturou fut d’ailleurs le rédacteur principal de la Loi de Robien. Avec cette loi, son objectif était de « casser des tabous ». Elle était indispensable en 1996 pour « lancer le mouvement ». Mais en 2017, 21 ans plus tard !, avec plus de 6 millions de chômeurs, peut-on se contenter  de remettre en vigueur une loi qui a créé moins de 5.000 emplois, en affirmant qu’on ne touchera pas à la durée légale et qu’à aucun moment on ne veut se donner les moyens d’organiser un mouvement général ?
Rappelons qu’une nouvelle loi de Robien créerait seulement quelques milliers d’emplois alors qu’un mouvement général vers les 4 jours créerait entre 1,5 et 2 millions d’emplois.

Et les 1.000 milliards pour le climat ? Le candidat socialiste a repris le slogan mais pas le contenu : « Ils seront financés par les Etats et par des fonds privés » explique-t-il, alors qu’on sait que les fonds privés sont assez réticents à financer des investissements qui ne sont rentables qu’à 20 ou 30 ans. Quant aux états, ils sont déjà très endettés. « Vous allez encore augmenter la dette de l’Etat ? » s’inquiétait David Pujadas le 25 janvier. « La dette écologique est plus grave que la dette financière » répondait Benoît Hamon.
Remarque très martiale, qui réjouit le militant écologiste et lui donne envie d’aller voter à la Primaire, mais qui donne l’impression à des millions de personnes, que tout cela ne tient pas la route économiquement et que la gauche va recommencer à dépenser sans compter.
Sur les questions de santé, B.Hamon réserve la mutuelle publique à celles et ceux qui sont en situation de grand pauvreté. Ce qui a beaucoup moins de sens, aussi bien techniquement que humainement, que la mutuelle que propose Nouvelle Donne.

Imaginaire & Crédibilité 
Pour mettre un pays en mouvement, il est très utile comme l’a fait Benoit Hamon d’ouvrir des débats nouveaux et de proposer un imaginaire nouveau. C’est fondamental et il faut le remercier pour ce qu’il a fait. C’est fondamental mais totalement insuffisant si la plupart des Citoyens pensent que le rêve est hors de portée et que le coût de sa mise en œuvre ruinerait notre pays.
Alors que l’une des causes fondamentales de la crise démocratique vient de la défiance généralisée qui s’installe entre le peuple et les élus, arriver avec un projet aussi flou sur ses financements, c’est prendre un très grand risque. C’est pour cela que, à Nouvelle Donne, nous avons tellement travaillé notre projet depuis un an : pour ne rien promettre que nous ne puissions pas tenir.
« Depuis 5 ans, il n’y a eu aucune réflexion sur de nouvelles marges de manœuvre financières. On peut avoir des doutes sur la volonté des élus de sortir de la crise » affirmait hier le Délégué général de la Fondation Abbé Pierre en présentant le Rapport annuel sur le mal-logement. Cette question des marges de manœuvre est fondamentale. Absolument fondamentale !
Sur le logement, le climat, le temps de travail, les PME, Nouvelle Donne montre que des réformes radicales sont possibles en utilisant autrement des sommes disponibles : c’est une question de choix politique mais c’est possible sans ruiner notre pays, sans augmenter les impôts du plus grand nombre. Nul ne peut trouver de faille dans le projet que nous portons depuis 3 ans et que nous avons encore amélioré cette année. Hélas ce travail de n’a pas été fait par le candidat PS.
Après avoir accepté pendant 5 ans, toutes les « contraintes » et les reculs imposés par les dogmes néo-libéraux, le PS veut-il vraiment transformer le monde ou veut-il fuir le réel, et « refuser l’obstacle » ? Est-ce un programme pour gagner la présidentielle ou seulement pour gagner la primaire en laissant la droite aux manettes pendant 5 ou 10 ans ?
Le bulletin Hamon était sans doute la meilleure façon d’éliminer Valls, mais sa victoire ne signifie pas que Nouvelle Donne doit se mettre en repos.  Au contraire. Il y a encore énormément à faire pour faire connaitre la globalité de nos idées et en convaincre le plus grand nombre. Et nous avons une liberté de ton et une façon de parler qui peut convaincre bon nombre de citoyens qui ne feront plus jamais confiance à un ancien ministre socialiste.
Certains vont-ils nous accuser de diviser la gauche ? S’il y a un rassemblement, nous en ferons partie. Et sinon, nous rappellerons que ce n’est pas nous qui avons décidé de verrouiller la Primaire du PS, mais Cambadelis avec l’accord de Valls, Hamon et Montebourg… Avec ou sans nous, la gauche est déjà divisée : si le bilan du quinquennat est tellement catastrophique que Y.Jadot et JL.Mélenchon ont refusé de participer à la Primaire pour ne pas se montrer avec des anciens ministres PS, ce n’est pas de notre faute non plus : Collectif Roosevelt et Nouvelle Donne, nous n’avons pas cessé depuis 2012 de proposer une autre politique.

Et Jadot comme Mélenchon ont quelques raisons de se méfier… Un journaliste rappelait dimanche que Benoît Hamon était l’un des principaux artisans de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon : alors que Jean-Marc Ayrault venait d’annoncer sa volonté de lancer une réforme fiscale en s’inspirant des idées de Thomas Piketty, c’est Montebourg et Hamon qui ont manœuvré pour mettre Valls à Matignon.
Et c’est B. Hamon qui a garanti au Président de la République que la nomination de Valls n’allait pas faire exploser le PS car lui, Hamon, serait la caution de gauche du nouveau gouvernement… Le Journal du Dimanche de ce 29 janvier expliquait comment Emmanuelli et tous ses proches étaient en désaccord avec Hamon mais comment il a imposé cette stratégie. Du coup, au lieu de claquer la porte quand Valls est nommé à Matignon, Hamon bénéficie d’une promotion express et devient le numéro 3 du gouvernement.
Sans Hamon, jamais Valls ne serait devenu Premier Ministre. Et le bilan du quinquennat aurait été tout autre. Benoit Hamon se présente aujourd’hui comme l’alternative à la politique menée depuis 5 ans mais tous ceux qui connaissent la vraie histoire ont quelques doutes…

Flou du projet et flou sur la sincérité de ceux qui le portent… On peut craindre que le candidat socialiste ne puisse pas à lui tout seul convaincre tous les citoyens qui doutent de la politique, ceux qui ne votent plus ou sont tentés par un vote extrême, de revenir vers l’action politique. Pas seulement « aller voter pour le moins pire », mais s’engager d’une façon ou d’une autre pour changer la société dans laquelle ils vivent.
Voilà pourquoi, conformément à la feuille de route sur laquelle nous avons été élu-es, nous voulons tout faire pour que Nouvelle Donne puisse participer au débat présidentiel et aux élections législatives.
Plus que jamais, pour montrer qu’un changement de société est une alternative tout à fait crédible, il faut tout faire pour que Nouvelle Donne soit entendu du plus grand nombre.

Le Président du CSA a reconnu par écrit que Nouvelle Donne souffrait d’un retard important dans les grands médias et qu’il devait être rattrapé « à partir du 1 février ».

Le Président de l’Association des maires ruraux de France vient de demander aux 12.000 élus de son association de ne pas céder à la peur et de donner leur parrainage à un candidat qui porte des idées nouvelles. (Cliquer ici pour lire la lettre aux maires ruraux)
Dans quelques jours, l’ancien Président des Maires ruraux va envoyer aux 33.000 maires de petites communes un message encore plus clair, en disant qu’il faut soutenir Pierre Larrouturou qui, à plusieurs reprises, a été invité dans les Congrès de leur association, a soutenu leur combat pour l’égalité entre territoires et était avec eux, devant l’Assemblée nationale, pour protester contre la loi NOTRE…
Aux quatre coins du pays, nous sommes déjà plusieurs dizaines à chercher les signatures et, en même temps, à préparer les législatives. A Bordeaux, lors du meeting de vendredi, les 6 candidats aux législatives se sont exprimés avant Pierre, notre porte-parole dans le débat présidentiel.
Le programme est quasiment fini. Une dernière réunion commune de l’Assemblée citoyenne et du Bureau national permettra ce samedi 4 février de le finaliser.
A nous, tous ensemble, de nous mettre en campagne pour le faire connaître du plus grand nombre.
Bien amicalement

Le Bureau national