Le blog de NKM

Laisseriez-vous systématiquement la porte de votre réfrigérateur ouverte dans votre cuisine ou la lumière allumée dans votre salon toute la nuit ? Assurément non ! Ce gaspillage inutile d’énergie choquerait votre bon sens.
Pourtant, les efforts que nous faisons tous spontanément dans nos chaumières ne sont pas toujours partagés par certaines entreprises ou certains commerces. Je pense notamment aux grandes surfaces qui exposent les produits frais dans de grands stands réfrigérés totalement ouverts. C’est une situation absurde pour les magasins qui dépensent de grosses sommes en facture d’électricité, et qui n’est pas dans l’intérêt du consommateur, qui paye in fine la facture énergétique tout en subissant une climatisation forcée et désagréable à chaque fois qu’il décide de passer par le rayon yogourt !
C’est pourquoi j’ai signé lundi dernier à Saint-Michel-sur-Orge avec les professionnels du secteur une convention par laquelle les enseignes de distribution alimentaire s’engagent à poser des portes hermétiques sur 75 % des 700 km de meubles frigorifiques d’ici 2020. Ce qui était souvent le cas pour le surgelé va maintenant devenir la norme pour les produits frais. Cela représente une économie équivalente à la consommation électrique d’une ville comme Lyon, soit 250 millions d’euros par an !
Toujours dans mon combat contre l’énergie stupidement gâchée, je publierai d’ici début février un décret pour forcer l’extinction des enseignes lumineuses commerciales entre 1h et 6h du matin, qui entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2012. Je fais également mettre à l’étude, pour la fin du premier trimestre, une obligation d’abaissement des niveaux d’éclairage dans les bureaux lors ceux-ci sont vides.
Ces mesures font parties d’un paquet de 27 nouvelles actions issues de la table ronde nationale pour l’efficacité énergétique conclue en décembre dernier.
Par ces différentes mesures, nous œuvrons en faveur de la compétitivité des entreprises, du pouvoir d’achat des ménages, et assurons intelligemment la protection de notre environnement. La meilleure énergie est incontestablement celle qu’on ne consomme pas.
Ecologie et numérique dans une école de ma circonscription. Vous devinez que c’est avec grand plaisir que j’ai accueilli début janvier Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, dans l’école Les Casseaux de Villebon-sur-Yvette. L’occasion de constater la réalité du partenariat entre les collectivités locales et l’Etat pour le développement du numérique à l’école.
À Villebon, on voit grand : 3 tableaux numériques interactifs (TNI) ont été installés dans les écoles primaires cette année, portant à 9 le nombre de classes équipées, et une école maternelle expérimente une « classe mobile informatique » de 12 ordinateurs portables connectés à Internet !
Des nouveaux outils qui trouvent leurs usages à tous les âges. Dans la classe de CP, j’ai pu voir des enfants s’exercer au calcul mental grâce au tableau numérique ; chez les CM1, un élève écrire pour la classe les devoirs sur un cahier de texte en ligne.
Ici, le numérique ne bouleverse pas les pratiques : l’enseignant garde toute sa place dans la transmission des savoirs, les élèves continuent de s’exercer au tableau ou à l’oral. Pourtant, quelque chose a changé : l’aspect ludique et interactif du numérique stimule l’engagement des élèves, l’accès à Internet permet de trouver en un instant des éléments de réponse aux questions impromptues, l’enseignant lui-même adapte sa pédagogie au fur-et-à-mesure qu’il découvre les nouvelles possibilités qui lui sont offertes.
Ce qui se construit avec ces nouveaux outils, ce sont des parcours et des pédagogies plus personnalisés, au sein des classes. Et c’est la direction que prend l’Ecole aujourd’hui. Toutes ces questions liées aux nouvelles méthodes et aux nouveaux outils de l’Education seront l’objet du prochain colloque de mon Think Tank, l’ADN, le 20 mars.
Au passage, cette mutation en douceur de l’Ecole, on la retrouve dans les salles de classe comme dans les cantines : les élèves de Villebon profitent de 15% de bio et de produits issus du commerce équitable, dans la lignée du Grenelle.
Certes l’engagement dans l’école numérique a un coût, mais il est partagé entre les collectivités et l’Etat : les premières investissent dans les outils, le second accompagne les enseignants et fournit des ressources pédagogiques. Si la ville de Villebon-sur-Yvette consacre 30 000€ par an à l’informatisation des écoles, chaque commune peut impulser ces projets en fonction de ses capacités, un tableau numérique interactif coûtant autour de 3 000€. Je le sais d’autant mieux qu’à Longjumeau, j’équipe chaque année des classes en tableau numérique. S’appuyer d’abord sur des enseignants moteurs désireux d’expérimenter l’outil est le meilleur moyen d’en convaincre d’autres, et la Ville accompagne cette dynamique dans la mesure de ses moyens.
L’éducation de nos enfants vaut bien cet investissement.
Tous les mois, les Ateliers de la 4e que j’organise avec Guy Malherbe, député de la 4e circonscription de l’Essonne, sont l’occasion pour les habitants de notre circonscription d’échanger avec des personnalités de référence.
Lundi 30 janvier 2012 à 20h, je vous invite ainsi à rencontrer Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation, dans la salle polyvalente de Champlan, parc municipal Gravelin, chemin du Lavoir (localiser sur une carte).
Entrée gratuite - Inscription par mail à contact@nk-m.fr
A regarder les programmes politiques de certains candidats, je me demande parfois si nous ne devrions pas créer des étiquettes pour alerter les électeurs sur leur intensité idéologique, comme nous le faisons pour informer les consommateurs sur les émissions toxiques de tel ou tel produit…
Plus sérieusement, je suis plus que jamais convaincue qu’il est plus révolutionnaire, et plus efficace, d’influer sur les comportements par des décisions qui font consensus, qu’en cherchant le clivage idéologique ou l’affrontement politicien.
Je pense précisément que les mutations que j’ai portées au sein du ministère de l’écologie, du développement durable des transports et du logement ont été possibles parce qu’elles correspondaient à un double moment de maturité : la maturité d’un développement citoyen, conscient des enjeux planétaires d’un côté et, de l’autre, la maturité de la politique écologique, qui refuse désormais d’être confondue avec l’écologie politique.
La déviance des responsables des partis qui se réclament écologistes à parler plutôt de religion, de temps de travail et de défilés militaires que d’écologie me semble confirmer cette analyse que l’écologie appartient désormais à tous.
Au-delà de ses 268 mesures concrètes, l’objectif du Grenelle de l’environnement est d’impulser la mutation de notre société. Et je parle bien de « mutation » et non de « changement ». Ce dernier terme renvoie, à mes yeux, à une conception dépassée de l’action politique. On voudrait un peu nous donner l’impression qu’il suffirait de « changer » les équipes, les hommes et les femmes au pouvoir, pour qu’« enfin tout changeât, enfin tout s’arrangeât » (selon les mots de Brassens dans une chanson célèbre)… Or, ce n’est pas ce qui s’est passé il y a trente ans, et ce n’est pas ce qui se passerait en 2012 si ce « changement »-là avait lieu…
En effet, les mutations que nous avons commencé à impulser ici me semblent toucher à quelque chose de beaucoup plus profond que ce fameux « changement », car elles nous engagent et nous transforment personnellement en dehors de toute référence idéologique. En somme : les mutations, c’est ici et maintenant ! Le changement, c’est nous !
Le changement c’est évidement la concrétisation d’une volonté politique ambitieuse face aux défis considérables que nous devons relever. Je pense bien entendu à la mutation énergétique sans précédent et à l’objectif de 20% de production d’énergie renouvelables à l’horizon 2020 portés par le Gouvernement ou encore aux nombreuses mesures d’économies d’énergie dans le bâtiment qui visent à lutter ardemment contre le changement climatique. Désormais les facteurs de santé et de protection de l’environnement sont considérés comme de véritables enjeux positifs par les décideurs. Production et consommation durables impulsent, dans les consciences et dans les actes, un nouveau modèle de société.
En s’attelant à construire la Ville de demain, grâce aux différents plans et programmes de rénovation urbaine soutenus par l’Etat et en engageant des moyens inédits en faveur des transports durables partout en France – 2000 km de ligne à grande vitesse réalisées d’ici 2020, investissement massif dans le fret ferroviaire, instauration du bonus-malus automobile qui nous a permis d’être le pays d’Europe dont les émissions des véhicules neufs sont les plus faibles – le Gouvernement a bâti, dans le temps et dans l’espace, un avenir viable et serein pour chacun.
Vous percevez, à la lecture de ce billet, mon engouement face à cette révolution ! Le Grenelle ne se résume pas, il se vit incontestablement au quotidien, par chacun d’entre nous.
L’écrivain allemand Georg Lichtenberg avait coutume de dire « janvier est le mois où l’on offre ses meilleurs vœux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas. ». Voila depuis au moins 2007 maintenant que nous faisons largement mentir cette maxime un peu cynique. Je vous propose que nous continuions à la faire mentir ensemble, tout au long de l’année 2012 !
Alors qu’une polémique est en train de naitre sur le respect du droit de grève, au motif que les forces de l’ordre sont sollicitées pour effectuer les tâches de vérification (fouille des bagages, palpation) obligatoire sur les voyageurs qui prennent l’avion, je voudrais préciser quelques points.
Tout d’abord, donner une définition du droit de grève, qui peut être trouvée par tout un chacun sur Wikipedia
La grève est donc « une action collective visant à appuyer les revendications des salariés en faisant pression sur l’employeur par la perte de production que la cessation de travail entraine. »
Il s’agit d’un rapport de force : le gréviste n’est pas rémunéré alors que l’entreprise ne produit plus, et donc perd de l’argent.
L’exercice du droit de grève est garanti par l’alinéa 7 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 :
Enfin, je rappelle également que les conflits sociaux en cours dans les aéroports n’opposent pas l’état aux grévistes, mais les grévistes à leurs employeurs privés. Si les employeurs avaient recours, par exemple, à une main d’œuvre intérimaire, pour remplacer les grévistes, ils seraient dans l’illégalité (Article L1251-10 du code de travail).
C’est pourquoi l’employeur, qui ne paye pas les salariés grévistes, ne peut embaucher des intérimaires pour délivrer le service à leur place, c’est-à-dire continuer à gagner de l’argent malgré la grève.
Je ne fais pas partie de ceux qui croient pouvoir se réjouir de tout conflit social, et qui pensent qu’ils peuvent y engranger des voix, des votes, ou des adhésions à leurs boutiques politiques. Bien entendu, je souhaite la fin de ce conflit. Mais les solutions pour y mettre fin sont entre les mains des salariés des entreprises de sécurité, et de leurs employeurs. Le Gouvernement peut aider, en nommant des médiateurs, mais à aucun moment nous ne sommes intervenus pour mettre fin d’autorité au conflit.
Alors, remplacer les grévistes par les forces de l’ordre pour assurer les mesures de sécurité obligatoires à l’embarquement est-il une remise en cause du droit de grève ?
Non, puisque l’employeur n’étant par définition pas en capacité de délivrer complètement le service, il perd de l’argent, des pénalités lui étant infligées par son donneur d’ordre. Les entreprises prestataires de la DGAC et d’ADP ne sont pas payées pour des prestations qu’elles ne rendent pas. C’est une évidence qu’il convient semble-t-il de rappeler. La grève en cours crée un manque à gagner pour ces entreprises, et met donc la pression sur ses dirigeants, comme toute grève.
Que les voyageurs embarquent ou non, le rapport de force entre les employés et les employeurs reste le même. Le gouvernement n’intervient que pour éviter que les voyageurs fassent les frais de ce conflit social, mais il ne modifie pas les termes de ce conflit.
Permettre aux voyageurs de partir, est-ce affaiblir les salariés dans leur épreuve de force avec leurs patrons ?
Non, et d’ailleurs si la gêne occasionnée aux usagers avait été le souci principal des employeurs, on n’en serait pas là. Les discussions auraient pu démarrer dès le dépôt du préavis de grève. Tout faire pour que les français ne pâtissent pas de ce conflit, c’est ma responsabilité, on voit bien que ce n’est pas celle des parties prenantes de ce conflit. Chacun son rôle donc, mais qu’on ne vienne pas nous accuser de briser une grève quand nous tentons de faire en sorte que les français puissent prendre l’avion !
Solliciter les forces de l’ordre pour assumer les tâches de contrôle des voyageurs et de leurs bagages, de manière exceptionnelle, et dans une période exceptionnelle de départs pour les fêtes de Noël, ce n’est donc en rien prendre position contre les salariés dans ce conflit. C’est prendre position pour les usagers, tout en aidant à trouver une solution par la médiation.
Le reste n’est que basse polémique. Et ceux qui se réjouissent du durcissement du conflit ne sont probablement pas ceux qui font des sacrifices sur leur salaire en se déclarant grévistes. Comme d’habitude, les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Plus largement, cette idée fixe qu’on nous assène et qui consiste à prétendre qu’une grève efficace est une grève qui a des conséquences sur une majorité de personnes en dehors de l’entreprise, est une idée qui me semble dangereuse, à terme, pour le droit de grève lui-même.
Il y a en effet une confusion dangereuse entre les perturbations vis-à-vis du public, qui sont des conséquences de la grève, et son objectif, qui est de perturber le processus de production d’une entreprise, pour obtenir satisfaction sur des revendications.
A ce compte, si la SNCF met en place des trains spéciaux pour acheminer des voyageurs qui ne peuvent pas prendre l’avion à cause d’une grève dans un aéroport, on traitera également la SNCF de briseur de grève ?
Parler, comme Marie-George Buffet l’a fait hier, de « pays occupé » quand les forces de l’ordre sont à pied d’œuvre pour assurer la sécurité des voyageurs, je trouve cela indécent.
A-t-on réquisitionné les grévistes ? Non.
A-t-on envoyé la police contre les grévistes ? Non.
Les images d’Epinal d’une certaine gauche, qui veut nous faire croire que nous sommes encore sous le Consulat, et qu’on envoie la police pour « mater les grévistes », sont consternantes.
La responsabilité qui est la notre, c’est de ne pas laisser ce conflit social empêcher ceux de nos concitoyens qui partent rejoindre leur famille pour les fêtes de fin d’année de le faire. Il y a aussi chez les voyageurs des concitoyens qui travaillent dur toute l’année, qui sont en peine de boucler les fins de mois, qui prennent des vols pas cher pour enfin penser à autre chose qu’aux tracas quotidiens. Leur permettre de décoller, sans remettre en cause la grève elle-même, c’est un minimum. Des milliers de nos concitoyens ont effectué des réservations des mois à l’avance, pour pouvoir se payer ce transport et passer des fêtes de fin d’année en famille. Ceux-là n’ont pas le loisir de prendre un autre vol, ou de se faire rembourser plus tard. Ils prennent l’avion, ou ils restent chez eux. C’est aussi à eux que je pense.
Les grévistes n’en veulent pas aux usagers, et je ne veux pas que les usagers en veulent aux grévistes. Ceux dont le métier semble être devenu de souffler sur les braises devraient s’arrêter un instant et se demander ce qu’ils veulent, au fond. Monter les uns contre les autres ? Capitaliser sur la colère des uns et des autres ?
En prenant nos responsabilités, tout en protégeant le droit de grève et en facilitant l’obtention d’un accord qui, in fine, ne peut être conclu qu’à l’intérieur des entreprises privées concernées, nous faisons le travail qu’un Gouvernement responsable doit faire.
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