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Livre : Socialisme un combat permanent 1 Naissance et réalités du socialisme

de Jacques Laudet, Gaspard-Hubert Lonsi Koko

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dimanche 4 mai 2008, par webmaster

Pour mieux saisir la mutation qu’est en train de vivre le Parti Socialiste français, il est impératif de remonter aux origines du socialisme sans conteste marquées par Karl Marx et Jean Jaurès. De ce fait, les auteurs, Jacques Laudet et Gaspard-Hubert Lonsi Koko, livrent au lecteur un parcours historique très riche en repères ayant balisé la voie de la gauche à travers l’Europe occidentale ainsi que l’ancienne URSS et ses satellites.

Ce premier tome concerne la naissance et les réalités du socialisme : à savoir la période allant de la fin du XVIIIe siècle à janvier 1947 – plus précisément, en France, de Gracchus Babeuf au gouvernement de Léon Blum. De la Révolution française de 1789 au guesdisme, on prend connaissance des grandes époques du socialisme : de la crise à l’Est à celle à l’Ouest ; on s’attarde sur l’archéo-socialisme, avant de s’intéresser au socialisme historique pour mieux appréhender le socialisme moderne devant préparer l’avènement du socialisme contemporain. Seule l’analyse des faits passés permettra d’accoucher d’un projet ambitieux et de renforcer autour d’un programme commun, après la défaite à la présidentielle et aux législatives de 2007, d’éventuelles alliances.

Extrait :

La crise survenue à l’Est n’a valu guère mieux. L’effondrement des structures économiques et sociales, mises en place par le communisme, a peu à peu été remplacé par la jungle capitaliste. La misère du peuple est partout galopante. On dirait que le système du libéralisme à l’américaine n’a pu apporter le bonheur et la prospérité, mais, au contraire, a favorisé la pauvreté, la misère, la pénurie avec la soif de s’enrichir pour quelques-uns aux dépens du plus grand nombre.

Après Babeuf, dont le martyre est resté célèbre, les deux premiers penseurs socialistes étaient des chefs d’entreprise. Il s’agissait en France de Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, et de Robert Owen en Angleterre. Ils étaient riches, mais ils voulaient soulager la misère des ouvriers après avoir constaté leur aliénation. L’un comme l’autre s’étaient ruinés dans cette aventure, mais Owen avait pratiquement créé le syndicalisme en Angleterre et Saint-Simon avait été à l’origine du premier Parti Socialiste authentique en France.

[...] il est évident, pour qui étudie le socialisme à travers son histoire, qu’un homme a été au-dessus de tous les penseurs socialistes parce qu’il était sans doute le philosophe moderne le plus important. Il s’agit de Karl Marx. Tous les autres socialistes devraient être influencés directement, ou indirectement, par la pensée marxiste. Si cela était vrai pour ceux qui avaient jalousement annexé Karl Marx de façon sectaire, cela avait été aussi valable pour les réformistes tels Jean Jaurès ou Eduard Bernstein.

Jaurès était un pur réformiste qui définissait un socialisme de conciliation et de synthèse, en y incorporant la société démocratique et la République. Il n’y avait aucune orthodoxie doctrinale dans sa pensée, car il s’adaptait en permanence aux circonstances et aux événements. Adversaire des idées dogmatiques de Jules Guesde, Jean Jaurès avait adhéré au socialisme en 1893, au moment où le guesdisme se sclérosait. [...] Créateur du journal L’Humanité sans pour autant avoir connu L’idéologie allemande, œuvre fondamentale de Karl Marx, il était un marxiste humaniste.

C’est pourquoi il est nécessaire de clarifier les choses. En France, en particulier, les socialistes doivent, dans leurs réflexions et dans leurs actions à venir, extirper le guesdisme, toujours présent, qui empoisonne les arrière-pensées, les relations entre socialistes des divers courants au sein de leur parti. Tant que cette épuration des esprits n’aura pas été achevée, la tendance sectaire et dominatrice du guesdisme s’imposera en sous-main aux uns et aux autres et paralysera toute unité socialiste, qui ne restera alors que de façade et s’avérera ainsi inefficace. Il semble que Lionel Jospin et ses différentes écuries ont tenté de s’y employer sans y réussir vraiment.


Après avoir été gaulliste, Jacques Laudet a vibré dès 1950 pour Pierre Mendès France et François Mitterrand. Il s’est toujours interrogé sur les causes profondes de l’évolution politique. Ancien membre de la SFIO, il a adhéré au Parti Socialiste dès sa création en 1969 et y a milité activement jusqu’à son décès en février 2008.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko est l’auteur de plusieurs ouvrages – dont Un nouvel élan socialiste, Le demandeur d’asile, Mitterrand l’Africain ?... Il préside le club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains.


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